Quand un patient tape le nom de votre clinique, il voit votre fiche Google, vos avis, votre page de rendez-vous, votre site et souvent un résumé rédigé par l’IA. Ce premier écran forme sa confiance avant tout contact. Vous ne contrôlez pas tout, mais vous pouvez rendre chaque source exacte et cohérente, dans le cadre strict de la déontologie médicale.
Vous dirigez une clinique, un centre dentaire ou un cabinet de médecine esthétique. Votre réputation se construit au bloc, au fauteuil et à l’accueil. Elle se vérifie pourtant ailleurs, sur un téléphone, souvent le soir, par un patient inquiet qui compare deux établissements.
Pourquoi ce premier écran compte-t-il autant en santé ?
La santé est devenue le premier sujet que les Français confient à l’IA. Selon l’étude Havas Market menée en mai 2026 auprès de 2 000 adultes, 49 % des utilisateurs d’IA générative l’interrogent sur la santé (Ecommerce Mag, 24 juin 2026). C’est 14 points de plus en un an, et le premier thème cité, devant le tourisme.
Google résume aussi davantage. Search Engine Land rapporte que les résumés IA sont passés de 26 % à plus de 80 % des recherches sur un nom de marque en septembre 2026 (Search Engine Land, 1er octobre 2026). Ces relevés de DemandSphere portent sur de grandes marques, mais la tendance concerne aussi les établissements de santé.
Que voit exactement le patient ?
| Source | Ce que le patient y cherche | Où vous pouvez agir |
|---|---|---|
| Fiche Google de l’établissement | Adresse, horaires, accès, photos, note | Exactitude des informations, photos des lieux |
| Fiches Google des praticiens | Le nom du médecin, sa spécialité | Une fiche par praticien, au bon format |
| Plateforme de rendez-vous | Disponibilités, motifs de consultation | Cohérence des intitulés avec votre site |
| Site de la clinique | Compétences, équipe, équipements, honoraires | Contenu daté, sourcé, à jour |
| Avis | L’expérience des autres patients | Signalement des abus, réponse prudente |
| Résumé IA | Une synthèse de tout ce qui précède | Indirectement, par la qualité des sources |
Google encadre la représentation des praticiens. Ses consignes classent médecins et dentistes parmi les « praticiens individuels » (Consignes de représentation sur Google). Dans un établissement de plusieurs praticiens, chacun peut avoir une fiche à son seul nom, et l’établissement a la sienne. Les fiches en double ou par spécialité sont proscrites.
Que permet la déontologie ?
Depuis le décret du 22 décembre 2020, l’interdiction générale de la publicité a été levée pour les médecins et plusieurs autres professions de santé (AP-HP, affaires juridiques). L’article 19-1 du code de déontologie autorise le médecin à communiquer « par tout moyen, y compris sur un site internet », sur ses compétences et ses pratiques. Cette communication doit rester loyale, sans témoignages de tiers ni comparaison avec d’autres médecins ou établissements (Conseil national de l’Ordre des médecins).
Les recommandations de l’Ordre de février 2021 interdisent notamment les témoignages de patients, les photos avant et après qui laissent croire à un résultat garanti et le référencement prioritaire (recommandations du CNOM). Elles demandent aussi des contenus datés, sourcés et tenus à jour. Les chirurgiens-dentistes suivent des règles proches depuis un décret du même jour, rappelées par l’Ordre des chirurgiens-dentistes.
Faut-il répondre aux avis de patients ?
Les positions ordinales invitent à la plus grande prudence. Le guide de l’Ordre sur l’e-réputation admet une réponse sur la plateforme, sans jamais évoquer la consultation ni porter atteinte au secret médical (CNOM, guide e-réputation). En octobre 2025, un responsable de l’Ordre déconseillait toute réponse et évoquait un travail avec le ministère sur ces avis (Egora, 2 octobre 2025).
La jurisprudence bouge aussi. En mai 2025, la cour d’appel de Chambéry a ordonné, sur le fondement du RGPD, la suppression de la fiche Google d’une chirurgienne-dentiste créée sans son accord (Que Choisir, 5 décembre 2025). Je ne suis pas juriste : pour un avis litigieux, consultez votre conseil ou votre Ordre.
Comment rendre ce premier écran juste ?
Je commence par un relevé : trois recherches sur mobile, en navigation privée, sur le nom de l’établissement, le nom de chaque praticien et le nom suivi de la ville. Puis j’aligne une même phrase de présentation, les mêmes intitulés de spécialités et les mêmes photos sur toutes les sources.
Google rappelle que ses fonctions IA ne demandent aucune optimisation particulière (Google Search Central, mis à jour le 10 décembre 2025). Des pages indexées, des données structurées fidèles au texte visible et une fiche à jour suffisent. Pour aller plus loin, lisez mon article sur la façon d’être cité par ChatGPT et les IA.
Questions fréquentes
Puis-je publier des avis de patients sur le site de la clinique ?
Les recommandations de l’Ordre l’interdisent : les témoignages et notations de patients ne peuvent pas figurer dans la communication d’un médecin.
Puis-je afficher mes honoraires en ligne ?
L’Ordre l’autorise, avec des informations claires et non comparatives. Les chirurgiens-dentistes doivent indiquer honoraires et moyens de paiement sur leur site.
Puis-je demander la suppression d’un avis ?
Vous pouvez signaler un avis inapproprié à la plateforme. Un avis diffamatoire ou contraire au droit relève ensuite d’une démarche juridique.
Une image en ligne à la hauteur de vos soins ? Parlons-en.
Je conçois l’identité, le site et la présence en ligne d’établissements de santé dans le respect des règles ordinales. Je peux réaliser ce relevé avec vous et vous dire quoi harmoniser en premier.
Sources
- Recherche en ligne : l’IA détrône Google chez les 18-34 ans, Ecommerce Mag, 24 juin 2026
- Google AI Overviews jump from 26% to 80% of branded queries, Search Engine Land, 1er octobre 2026
- Consignes de représentation de votre établissement sur Google, Google
- Décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020, AP-HP affaires juridiques
- Article 19-1, communication professionnelle, Conseil national de l’Ordre des médecins
- Recommandations relatives à l’article 19-1, CNOM, février 2021
- Décret n° 2020-1658, Ordre national des chirurgiens-dentistes
- Guide de la réputation numérique, CNOM
- Bientôt la fin des avis Google sur les soignants ?, Egora, 2 octobre 2025
- Avis en ligne : une professionnelle de santé fait supprimer sa fiche Google, Que Choisir, 5 décembre 2025
- AI features and your website, Google Search Central, mis à jour le 10 décembre 2025